Il fait soleil sur ma petite terrasse des Oudaïas.
Ici, à Rabat, je suis bien avec le temps. C’est un temps exotique, un temps d’avant l’affolement, vierge en quelque sorte – alors je vis bien sur ma terrasse et ainsi seront mes journées et celles de demain.
Chaque après-midi, le thé. C’est le rythme.
La vie parisienne est loin, celle à laquelle donnent vie ceux qui la pensent : ils réveillent chaque matin une radio, à midi ils occupent le journal, ils pensent et font – sans attention ils endorment tes nuits. Pour couper, j’ai quitté Paris.
Autour de ma table, les bougainvillées que Samah m’a offertes. Samah, c’est mon amie de Rabat, sa maison est rue Ouled Lim, elle a de beaux cheveux noirs aussi.
Pour Adrienne, je ne peux rien dire. En tout cas, elle n’est pas marocaine.
A l’intérieur de ma maison, c’est repos. Elle est belle, un bassin maure, un tapis en laine pour dormir – devant la fenêtre, un bureau. Mais c’est en haut de ma petite maison blanche de la Kasbah des Oudaïas, sur la terrasse, seul, que j’écris.
Ainsi nous sommes réunis, quand la lune est haute et le soleil des après-midi, porteur de nuits.
En face, c’est la mer.










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